Corruption, guerre et « pauvreté » : Eva Joly à Rue89
01 juin 2007, à Lambaréné, Gabon. 02′ 01″
Eva Joly a condamné la venue d’Omar Bongo en France
L’ancienne juge d’instruction a publié un livre.
Le titre de son livre, La Force qui nous manque, s’adresse plus à nous qu’à elle. Eva Joly, l’ancienne juge d’instruction du pôle financier du Palais de Justice de Paris, célèbre pour son rôle dans l’affaire Elf, ne décolère pas contre les élites françaises, contre leur complaisance vis-à-vis de la corruption, contre leurs petits arrangements avec la justice, contre l’indulgence coupable de l’opinion publique…
De passage à Paris quelques jours après le départ de Jacques Chirac de l’Élysée, et donc de sa perte d’immunité présidentielle, elle a affirmé haut et fort, dans une interview à Rue89, que la justice devait reprendre ses droits dans les affaires dans lesquelles apparaît le nom de l’ancien chef de l’État. La France, estime-t-elle, se déconsidèrerait à enterrer les dossiers qui concernent le « retraité de l’Élysée« , et l’opinion, que l’on sent peu mobilisée sur ce front, ne doit pas s’en désintéresser.
De même, Eva Joly, dont les récentes activités dans la lutte anticorruption pour le compte du gouvernement norvégien lui ont fait entrevoir tant de secrets de famille franco-africains, ne cache pas sa colère de voir que l’un des premiers chef d’État étranger à rendre visite à Nicolas Sarkozy à Paris, n’est nul autre qu’Omar Bongo, le président gabonais, figure emblématique d’une liaison incestueuse entre la France et ses anciennes colonies. La rupture, décidément, n’est pas au rendez-vous, là où elle semblerait pourtant la plus nécessaire.
Eva Joly défie le pouvoir politico-affairiste français en menant les enquêtes judiciaires là où elles font le plus mal.
Posted: septembre 18th, 2008 under * Livres, * Vidéos, Comptabilité, Développement, Environnement, Fonction publique, Langages, Société, Économie.

















