Les wikis, une réponse à la babelographie ?

Les espaces wiki dans le réseau me permettent, notamment, de réaliser l’expérience suivante avec mes élèves de l’université. Je construis un espace wiki de travail avec trois niveaux ou cercles concentriques. Dans le cercle central j’installe un document sur un thème d’étude qui soit reconnu pour sa qualité, pour sa rigueur, ou bien je prépare un texte qui présente de forme concise l’état de la question ou bien j’utilise n’importe quelle autre façon de créer un lieu de référence, et si l’on veut, de doctrine. Chaque élève ouvre une page (autant de fois qu’il le nécessite) dans les cercles suivants pour y mettre un apport original ; cet apport, et cela dépend du type d’étude, peut être un commentaire à un point du texte central, ou contenir un fragment d’un autre texte d’un auteur en relation avec une partie du texte central, ou bien, même, peut contenir un lien à un autre lieu du réseau lui aussi en rapport avec le texte central, avec la présentation et la justification de la part de l’élève de ce choix et du lien. Chaque page doit rester référencée au moyen de la création d’un lien à l’endroit du texte central auquel il se réfère. De plus, les élèves peuvent intervenir dans les pages de leurs camarades pour y ajouter ou y corriger quelque chose. Toutes ces variations restent, comme nous le savons, enregistrées et bien différenciées selon les interventions de chaque personne. Les espaces wikis enregistrent la moindre étape du processus de création qui y est réalisé, et les auteurs comme leurs actions y sont identifiés. Le troisième niveau ou cercle externe correspond à la discussion. Les divergences dans n’importe lequel des autres niveaux se formulent dans ce troisième niveau et se débattent.
Une variante de ce travail tient en ce que le texte central soit construit par les élèves eux-mêmes (dans ce cas de master et de doctorat), au moyen des apports partiels de chacun à la construction du document validé par tous, bien que les divergences non résolues restent reflétées dans le niveau de discussion.
De là, on peut passer à ne plus concevoir un mémoire de master comme un ensemble fermé, imprimé et relié, de 100 pages ou plus. Le mémoire avec cette conception wiki s’organise autour d’un texte qui recueille les apports originaux de la recherche. Dans le cercle suivant, ces apports sont liés avec des parties du texte antérieur, des pages où sont apportées les preuves, les approfondissements et précisions, qui intégrés dans le texte central le surchargent. Et finalement, un troisième cercle est établi avec les questions que l’auteur considère comme discutables. Le résultat, par son organisation en trois niveaux et son support digital et en réseau, reste ouvert. L’auteur peut continuer à travailler à son évolution ou bien même peut-on imaginer que le premier mémoire serve de point de départ à un autre mémoire d’un autre chercheur qui serait écrit sur le premier. Les apports du second auteur restant différenciés de celui du premier.
Extrait de l’article « Connaissance et communication »
par Antonio Rodríguez de las Heras
Paru dans la Revue Argumentos de razones técnicas, n°10
Traduction par Frédérique Muscinesi
NB. La « babelographie » est un néologisme dû à Antonio Rodríguez de las Heras
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Cet article fait partie de la livraison n°107 d’EPINET,
la revue électronique de l’EPI.
Également au sommaire
Éditorial
Classes préparatoires aux Grandes Écoles et Lycée, même combat.
par Jean-Pierre Archambault, Président de l’EPI
— Pour un enseignement de l’informatique et des TIC.
par Maurice Nivat, Jean-Pierre Archambault
— Connaissance et communication
par Antonio Rodríguez de las Heras (voir ci-dessus)
ePrep 2008 : « Les TICE, pour quelle efficacité pédagogique ? »
— Architecture distribuée d’un entrepôt pédagogique.
par Nawel Iles, Azeddine Chikh, Josiane Mothe
— L’utilisation des TICE dans l’enseignement des langues en CPGE.
par Anne Guerrier.
— Heurs et malheurs de la recherche bibliographique sur Internet.
par Jean-Marie Nicolle.
— L’informatique, une discipline à part entière !
par Thierry Viéville.
— Comment appliquer l’algorithmique aux sciences expérimentales.
par Pierre Dieumegard.
Rapports et documents
— Rapport sur le livre numérique,
Remise du rapport de Bruno Patino à Christine Albanel le 30 juin 2008
— Les cartables électroniques
sous la direction de Daniel Kaplan.
Les Cahiers de l’Internet, Fondation internet nouvelle génération (Fing).
ITIC : Enseignement de l’informatique et des TIC
— Réflexions sur l’enseignement des sciences au lycée.
Texte d’étape, rédigé par le Comité sur l’Enseignement des sciences de l’Académie des sciences
— La place des TIC dans la consultation des projets de programmes des collèges.
Contribution rédigée en juin 2008 par Ignace Rak pour le groupe ITIC-collège de l’ASTI
— B2i : le collège au pied du mur ! et demain… le lycée.
par Jean-François Clair, Alain Prevot (SNES)
Autres rubriques : « lus », « sites visités », ‘Libre » etc.
Publié par Dominique Lacroix, à partir du communiqué de l’EPI du 15 septembre 2008
NDLR : le titre de l’article est de la rédaction de Cawailleur.
Posted: septembre 15th, 2008 under Collaboratif, Communautés virtuelles, Droits de l'immatériel, Fonction publique, Informatique, Interculturel, Interfaces, Internet, Langages, Logiciels libres, Mutations, Recherche, Savoirs, Société, Technologies, Usages, Économie, Éducation du futur.
















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