La guerre des mots, par Maurice Pergnier
Popularisé en France par feu Vladimir Volkoff, le mot « désinformation », né en Russie, respire le parfum suranné de la guerre froide, lorsque les maîtres de l’espionnage soviétique jouaient aux échecs avec le monde libre. Mais en dépit des efforts tous azimuts déployés par Moscou, l’avenir montra que les sociétés ouvertes triomphent toujours des sociétés fermées.
Les linguistes sont des auxiliaires précieux de la démocratie. Rompus aux pièges du langage, ils sont, plus que quiconque, sensibles aux manipulations par les mots.
Apprendre à décrypter avec Maurice Pergnier :
— Un livre : La Désinformation par les mots
— Deux émissions de radio sur Canal Académie, proposées par Annet Sauty de Chalon
Au fil des pages, 1ère partie, 30′47″
Au fil des pages, 2e partie, 28′02″
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La Désinformation par les mots,
252 pages
Éditions du Rocher, 2004
La supériorité de la démocratie ne réside pas seulement dans un pouvoir politique légitime mais dans la multiplicité et la vitalité des forces qui la composent et qui, s’opposant les unes aux autres, donnent vie à un système complexe où tout est possible.
A l’inverse, la faiblesse de la dictature tient au caractère unique du pouvoir qui, pour se maintenir, est constamment obligé de réprimer des individus dont elle ne peut même pas chercher le consentement. La propagande sévit dans les sociétés fermées et brutales. Aux sociétés ouvertes et complexes, « on » applique la désinformation. Volkoff la définissait ainsi : « Manipulation de l’opinion publique à des fins politiques par des moyens détournés de traitement d’une information véridique ou non ». L’intoxication des masses n’a pas disparu avec l’écroulement de l’empire rouge.
Bien au contraire. La source a changé mais la guerre des mots se répand d’autant plus vite que les médias comme Internet rendent l’espace public accessible à tous et font tomber les barrières entre les hommes. Les mots font alors l’objet d’une surchauffe sémantique car tous les rapports de forces reposent sur le sens qu’on leur donne. La politique est bien la définition symbolique de la réalité.
Maurice Pergnier se livre à une réflexion aussi cruelle que pertinente sur l’usage admis de certains vocables, « une fois ces derniers passés à la moulinette du politiquement correct ». Qu’il s’agisse des « banlieues », des guerres du Golfe ou du conflit dans les Balkans, la Désinformation par les mots dresse un inventaire parfois truculent des ambiguïtés, des euphémismes – en réalité des mensonges – qui opacifient le discours pour mieux caricaturer la réalité.
L’auteur
Maurice Pergnier est linguiste, sémiologue et écrivain. Il est professeur émérite de linguistique générale à l’université Paris XII. Il a publié La Résurrection de Jésus de Nazareth et La Désinformation par les mots aux éditions du Rocher.
En savoir plus
— La Désinformation par les mots, de Maurice Pergnier, Éditions du Rocher, 2004,
sur Amazon
— Désinformation flagrant délit, de Vladimir Volkoff, Éditions du Rocher, 1999,
sur Price Minister
— Article Vladimir Volkoff
sur Wikipedia
Publié par Dominique Lacroix
Posted: juin 17th, 2008 under * Livres, Cyber-économie, Gouvernance de l'Internet, Interculturel, Internet, Langages, Médias, Propagande, Société, Usages, Économie, Éducation du futur.













