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Intranets et innovation dans les collectivités territoriales francophones

Label Intranet territorial

Les candidatures
au Label intranet territorial 2008
sont ouvertes.
Pour sa 2e édition,
le label accueille
des collectivités territoriales
de pays francophones.

Calendrier

— Réception des candidatures jusqu’au 30 juin 2008 à minuit.
— Examen par les membres du jury du 1er juillet au 23 novembre 2008.
— Remise officielle des labels à Paris, Espace Cardin Champs-Élysées, le 24 novembre 2008.

Label Intranet territorialOrganisé par l’Apronet, Association des professionnels internet des collectivités territoriales, ce label n’est ni un concours ni un instrument de mondanités, mais un dispositif d’accompagnement du changement et de l’innovation.
Un partenariat scientifique coordonné par le Grico, Groupe de recherche sur les TIC, les intelligences collectives et l’innovation organisationnelle, appuie la démarche sur une méthodologie rigoureuse.

Trois objectifs majeurs

— encourager le développement d’intranets ou d’extranets de qualité au sein des collectivités territoriales,
— récompenser les efforts des élus, des responsables et des agents de ces collectivités,
— constituer un observatoire national des intranets territoriaux et permettre les échanges d’expériences entre les professionnels des collectivités territoriales.

Dans chaque catégorie, un intranet peut recevoir une à trois étoiles et le label est organisé en trois catégories :
— Villes et communes quelle que soit leur taille,
— Régions et départements,
— Intercommunalités (EPCI) et autres établissements publics : communautés urbaines, communautés d’agglomération, communautés de communes, syndicats intercommunaux, autres établissements publics des collectivités territoriales etc…

Participer au label donne aux acteurs d’une collectivité, quelle que soit la distinction obtenue par son intranet de l’année, la possibilité de le situer, à un instant t, sur une échelle qualitative en tenant compte des spécificités de chacune des organisations concernée.
C’est donc un processus qui invite les collectivités à participer autant de fois que de besoin. Il n’y a pas de quotas de délivrance du label dans chaque catégorie.

En 2007, 45 labels ont été décernés : 10 à trois étoiles, 19 à deux étoiles et 16 à une étoile.

Label Intranet territorialLa synthèse de l’édition 2007 pose la problématique :

« Cette première édition est riche d’enseignements. Le premier est que le processus d’expérimentation et d’évolution des modes de management, de gouvernance, sous les conditions des réseaux numériques et de la transformation logicielle, est de plus en plus fortement engagé. Toutefois, les projets intranets présentés, dans leur grande majorité n’exploitent, que de manière timide, à quelques exceptions près, les possibilités socio-techniques des nouveaux dispositifs. Ils sont pour la plupart, limités par une trop faible connaissance des développements logiciels, y compris les plus « évidents » (moteurs de recherche, technologies 2.0), par un manque de curiosité quant aux expériences et réalisations qui se déploient dans leur environnement proche, et à fortiori dans leur environnement plus lointain. Ce manque de curiosité est, d’un certain point de vue surprenant. Enfin, ils manifestent une absence de réflexion sur les dimensions d’emblée organisationnelle et politique de ces nouveaux dispositifs.

Toutefois une minorité échappe à ces remarques et tente, d’exploiter, dès le moment de leur conception, des modèles ou réflexions émergentes. Mais, hors cette minorité, il faut en convenir, la plupart expriment une appréhension conservatrice de l’univers info-communicationnel, des intelligences collectives, et se perdent dans les labyrinthes d’un fantasme de maîtrise des processus émergents avant même que ces derniers se soient véritablement actualisés.

Les projets révèlent les tensions en tout point et tout niveau de l’organisation quant au désir de réplication d’un univers info-communicationnel connu, ou pensé comme « maîtrisable », ou quant au désir d’expérimentation. Cette expérimentation traduite dans certains intranets ouvre alors potentiellement — et a minima — à une nouvelle « figuration » de l’organisation : ainsi, les ergonomies s’éloignent de la logique de navigation dans des espaces formels (exprimés par exemple dans les rubriques-miroir de l’organigramme). Le conservatisme, massivement apparent, reste le fruit de pensées classificatoires fondamentalement arborescentes, d ‘une représentation figée des pouvoirs et des compétences.

L’enjeu d’une prise en considération de l’ensemble des écosystèmes numériques a été rarement travaillé dans les intranets de l’édition 2007. Ici, les questionnements sont saillants. Qu’est ce qu’un dispositif intranet implique en terme de contraintes nouvelles, à maîtriser, pour habiter de manière créatrice et innovante ces territoires, de plus en plus compliqués, enchevêtrés, et où circulent, s’échangent, se négocient, des ressources hétérogènes, des savoirs et des données très diverses ?
Comment exploiter les articulations entre des dispositifs de mémoires très différents (bases de données, archives diverses) et des territoires aux frontières mouvantes, parfois incertaines (intranet, internet, extranet) eux-mêmes enchâssés dans des territoires hérités (communes, départements, régions, intercommunalité, etc.) ?

La préoccupation majeure semble t-il se porte sur la « mise en ordre » des ressources informationnelles dont la volumétrie croît sans cesse ainsi que sur la juxtaposition d’applications gestionnaires des processus (le déploiement de workflows étant encore loin d’être systématisé notamment au niveau des thématiques RH). La dimension stratégique d’un véritable management documentaire et une réflexion de fond sur les moteurs de recherche évolués, les politiques d’indexation etc. reste faible.

De même, la logique de « services » apportés aux intranautes s’avère très disparate : que celle- ci s’exprime dans des informations de convivialité (comme les petites annonces plébiscitées par plusieurs) ou dans les applications génériques et transverses de type RH.

L’orientation collaborative, quand elle n’est pas incantatoire et bornée, constitue un axe de développement solide. Elle répond à « la surenchère » quantitative des projets au sein des organisations territoriales et à la nécessité de passer à des modes de travail collectif fluides et performants. En fin de compte, cela semble même, constituer le problème qui donne une colonne vertébrale, à la « stratégie » et à ce que l’on pourrait appeler, « l’économie politique des intranets », une économie politique encore incertaine et instable. On voit poindre ainsi d’autres approches moins archaïques des collectifs, des pratiques nouvelles, à partir d’une culture « social-informatique » plus créatrice, plus pragmatique.

À ce titre, se posent donc encore les choix et les problématiques associés aux modes de gouvernance des intranets : gouvernance transversale (pilotage collectif), gouvernance décentralisée (adossée à la mise en œuvre de réseaux de contributeurs), gouvernance distribuée à l’échelle de l’organisation. L’intranet plus largement participatif est rarement envisagé. Et ce, toujours, sur fond de nouveaux processus de normalisation et de routines, les intellects singuliers, les intellects collectifs, les intellects organisationnels.

Dans quelques projets, l’heuristique utilisateur s’impose alors progressivement : Quelles sont ses pratiques ? Comment se déplace t-il dans ces espaces ? Selon quelle stratégie et quels objectifs ? Pour explorer quels mondes associés ? Lui donne t-on la possibilité d’échanger, dialoguer, utiliser des ressources qui sont par définition hétérogènes et rattachées à diverses sources ?

Les changements de paradigmes socio-cognitifs sont là qui manifestent et demandent, à n’en pas douter, une réflexion sur la formation, non pas tant au niveau des outils, que sur les schèmes intellectuels dominants en matière d’innovation organisationnelle et socio-technique. Et, simultanément, « formation », sensibilisation aux nouvelles pensées, réflexions, qui doivent être acquises et travaillées. Le suivi et la réflexivité critique de cette vaste transformation des dispositifs intranet au sein des collectivités territoriales, sont du plus grand intérêt. Le Label intranet s’affirme de ce point de vue comme un repère essentiel, comme un dispositif d’orientation, autant que d’évaluation. »

Ces mouvements de fond et d’enrichissement continu des dispositifs intranet dans les collectivités territoriales augurent de nombreux projets passionnants à venir dont les dessins n’attendent que leurs créateurs…

En savoir plus

— Télécharger la plaquette du Label intranet territorial 2008 (pdf, 3 pages, 220 Ko)
— Télécharger la synthèse du Label intranet territorial 2007 (pdf, 12 pages, 284 Ko)

— Visiter le site du Label intranet territorial
— Visiter le site de l’Apronet
— visiter le site du Grico

Publié par Dominique Lacroix