Brésil : Forum pour la gouvernance de l’Internet à Rio

[Le Christ de Rio de Janeiro, cliché ville de Rio de Janeiro]
Le contrôle nord-américain des adresses de l’Internet, et leur mode de gestion, ont été l’un des sujets de discussion dès le premier jour du deuxième Forum pour la gouvernance de l’Internet, qui a commencé lundi à Rio de Janeiro, au Brésil.
Les participants se sont montrés inquiets des politiques définies par les Nord-Américains pour l’attribution des domaines, ainsi que de la question des suffixes dans des langues autres que l’anglais. « L’Internet est transnational. Cela ne peut pas être sous l’autorité d’un seul pays », a dit le ministre de la Culture brésilienne, Gilberto Gil, ajoutant que « l’Internet doit être un territoire pour tous ».
Ce deuxième Forum pour la gouvernance de l’Internet est une conférence annuelle qui discute des sujets ayant trait au réseau mondial d’ordinateurs mais n’a aucun pouvoir de décision. Néanmoins il peut servir à faire pression sur l’État qui contrôle actuellement l’Internet, les États-Unis, sur certains sujets. La question qui inquiète le plus les participants est le contrôle des noms de domaines se terminant par « .com » et « .org », suffixes nécessaires pour trouver des pages sur Internet et acheminer des e-mails. Grâce au contrôle des suffixes principaux de l’Internet, les États-Unis peuvent influencer en grande partie ce qui apparait en ligne. L’administration des domaines a été financée par le gouvernement nord-américain et déléguée à l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), organisation créée en 1998 par le département nord-américain du Commerce et qui contrôle le système des noms de domaine.
Plusieurs pays se sont plaints que le contrôle des États-Unis n’a pas été discuté assez lors de la première réunion du Forum, en 2006 à Athènes. Ils donc ont voulu remettre le sujet à l’ordre du jour de la rencontre de cette année, y compris dans le panel consacré aux « Ressources Critiques de l’Internet ». La programmation de ce panel prévoyait tout type discussion sur les télécommunications et les spécifications techniques, mais la discussion a fini par se focaliser sur l’administration des noms de domaine par le gouvernement nord-américain et l’ICANN. Quelques critiques ont aussi plaidé qu’il ne serait pas opportun d’intégrer l’administration de l’ICANN dans une organisation comme les Nations Unies, parce que cela politiserait encore davantage l’Internet et imposerait plus facilement de la censure.
Le président de l’ICANN, Paul Twomey, a insisté de nouveau dans cette réunion pour exposer que l’organisation est « internationale », expliquant que seulement trois des 15 membres de l’administration sont nord-américains. « Cette discussion sur le rôle de l’ICANN dure depuis quelques temps, mais il n’y a aucun consensus pour le changement », dit le même responsable, ajoutant que, « pendant qu’on discute ce sujet, on s’éloigne de questions plus importantes, comme l’élargissement de l’accès à l’Internet dans les pays en développement ». Seulement mille millions de personnes dans le monde — soit 17% de la population mondiale — ont accès à l’Internet. C’est l’une des questions dont ce forum à vocation à débattre pour trouver des solutions pour élargir l’accès.
Au cours de ce forum de quatre jours, auquel participent plus de mille représentants des gouvernements, de sociétés et de la société civile, doivent aussi être discutés la sécurité sur Internet, surtout pour les plus jeunes, empêcher la pornographie infantile, promouvoir la diversité des langues, les coûts d’accès, la vie privée et les droits humains.
Diário Digital / Lusa
Traduit (très vite et sans doute imparfaitement) par Dominique Lacroix
En savoir plus
— L’article original sur le site de Diário Digital
— Le site officiel du Forum pour la gouvernance de l’Internet de Rio
— Le site officiel de l’Internet Governance Forum (IGF) (en)
— Le site officiel de l’Icann (en)
— Le site de l’Icann en français
— le site du Groupe de travail, de la Société Civile, au SMSI sur la Gouvernance des Réseaux d’Information (en, fr)
— Le site officiel de la ville de Rio de Janeiro (pt)
Focus
Comitê Gestor da Internet no Brasil (CGI.br)
— Le site de la Gouvernance de l’Internet au Brésil CGI.br (pt, en, es, fr)
« Le modèle de gouvernance appliqué à l’internet au Brésil est une expérience pionnière en matière de participation de la société aux décisions portant sur la mise en place, la gestion et l’utilisation du réseau.
Sur des principes de pluralité, de transparence et de démocratie, le Comité de Gestion de l’Internet au Brésil — le CGI.br — coordonne et intègre les activités des services internet dans le pays. Le CGI.br est une institution de divers participants, composée de membres du gouvernement, de membres du secteur entrepreneurial, du secteur tertiaire et de la communauté académique.
Créé par le Décret Interministériel n° 147 du 31 mai 1995 et modifié par le Décret Présidentiel n° 4.829 du 3 septembre 2003, le Comité de Gestion de l’Internet au Brésil est chargé de promouvoir la qualité technique, l’innovation et la diffusion des services proposés.
Depuis juillet 2004, des représentants de la société civile sont élus démocratiquement et participent directement, aux côtés du gouvernement, aux délibérations concernant les priorités assignées à l’internet. »
Posted: novembre 14th, 2007 under Cyber-économie, Gouvernance de l'Internet, Internet, Public-privé, Société, Sécurité, Technologies, Économie.













