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Soudan : dix Darfouris condamnés à la pendaison

Mohamed Taha[Mohamed Taha]

Soudan : Jugés coupables de l’assassinat du journaliste Mohamed Taha, dix Darfouris sont condamnés à la pendaison.

La Cour criminelle du nord de Khartoum a condamné les assassins du rédacteur en chef du journal privé « Al Wifaq », Mohamed Ahmed Mohamed Taha, à être pendus après avoir été jugés coupables en vertu des articles 121, 162 et 130 du droit pénal du Soudan. Lesdits articles concernent l’enlèvement, la séquestration et le meurtre prémédité.

Après le prononcé du verdict, les parents de Taha ont opté pour le châtiment après que la Cour leur ait offert le choix entre l’argent du sang, l’amnistie et le châtiment. Au début de la session, le juge Président de la Cour criminelle du nord de Khartoum a relaté les faits constitutifs du crime commis par les dix coupables, prouvés par leurs confessions, et les rôles qu’ils ont joués aux quatre étapes du crime, de l’enlèvement du défunt journaliste jusqu’à l’abandon de son corps décapité dans les environs de Kalakla.

Les personnes condamnées sont : Al-Sanousi d’Ishaq, Abdul Hai Omar, Eltayeb Abdulaziz, Mustafa Adam Mohamed, Sabir Zakaria (celui qui a décapité Taha), Hassan Adam, Adam Ibrahim Elhaj (dit Yunis), Jala Uddin Eisa et Abdulmajid Osman Abdulmajid, dans cet ordre.

Le corps décapité de Taha avait été trouvé en septembre 2006, un jour après qu’il ait été enlevé de sa maison dans le nord de Khartoum par des hommes armés. L’incident a soulevé la colère des cercles de journalistes qui ont exigé le châtiment le plus dur pour les malfaiteurs.

Les coupables ont été plus tard appréhendés et traduits en justice. Le procès a pris fin hier avec le prononcé de la sentence de mort pour les accusés. La Cour avait précédemment déclaré innocents neuf autres personnes accusées.
Les condamnés peuvent encore faire appel de la sentence.

Traduit par Dominique Lacroix

Source en anglais sur Sudanese Media Center (contrôlé par l’État soudanais)

En savoir plus

— D’après Reuters, « Taha était lui-même d’obédience islamiste, mais il s’était fait des ennemis en publiant un article qui mettait en question les origines du prophète Mahomet.

Selon les autorités, il avait également irrité les Darfouris en exprimant des doutes sur la moralité des femmes du Darfour, au moment où des opérations anti-insurrectionnelles marquées par de nombreux viols aggravaient la crise humanitaire dans l’Ouest soudanais. »

Lire le communiqué de Reuters
(en)

D’après Reuters toujours, l’avocat des condamnés affirme que les aveux ont été obtenus sous la torture, ce que démentent les autorités.

— Un commentaire assez complet sur Mohamed Taha par Dr. Mark A. Gabriel, islamologue égyptien, 11 septembre 2006

Réflexion personnelle : que ce soit vrai ou faux, les inculpés de l’Arche de Zoé me paraissent avoir relativement intérêt à plaider qu’ils ont enlevé involontairement des petits Tchadiens et non des enfants du Darfour comme ils le prétendaient au départ…