Édition numérique 4/4
Librairie Bonnefoi, 1-6, rue de Médicis, à Paris, livres anciens
Quel avenir pour l’édition sur papier ?
Nous avons tenté de montrer que le papier a encore de beaux jours devant lui du fait de la versatilité de son usage opposée à la rigidité de l’écran actuel. En revanche, la fabrication à l’avance d’ouvrages écrits, leur transport, leur stockage, leur pilonnage en fin de vie représentent des anomalies économiques à l’heure du « juste à temps ». Comment ne pas imaginer que demain le livre ne suive l’exemple de la presse ? Celle-ci est maintenant télé-imprimée dans des centres distribués sur le territoire de chalandise, accélérant ainsi sa distribution et réduisant les coûts de transport. Selon ce scénario que je propose ici, le livre ne sera plus fabriqué demain en un lieu unique et central, mais pourrait facilement n’être fabriqué à l’avance qu’à un nombre restreint d’exemplaires, destinés aux librairies-vitrines où ils seraient consultables par tous. En revanche, l’acquisition de l’ouvrage se ferait après télé-fabrication à la demande, en un temps raisonnable, dans des librairies-imprimeries couplées aux précédentes. Ainsi seraient résolus les coûts élevés de transport, de stockage et de distribution des livres.

Sample of « take anywhere, read anywhere »
Plastic Logic flexible displays using E Ink® Imaging Film
Si ce scénario semble hardi, alors que rien techniquement ne s’oppose à sa concrétisation, le suivant pourrait apparaître encore plus futuriste. Mais je crois pourtant qu’il se réalisera dans un avenir moins éloigné que nous pourrions le croire. Il repose sur la mise au point du papier électronique évoqué plus haut, aboutissant à un papier à l’apparence banale, souple, capable d’afficher des textes et des illustrations en couleur, sans encre, réinscriptible à l’infini. Imaginons que des livres blancs, au sens propre du mot, réalisés en de tels papiers, permettent le téléchargement de textes entiers en leurs pages vierges. Le lecteur disposerait ainsi d’un livre d’apparence et d’usage familiers, pouvant être feuilleté comme le modèle actuel, mais effaçable en fin de lecture, et rechargeable à l’infini. Bien entendu, cette formule serait d’abord réservée aux ouvrages à lecture « unique » sans prétention littéraire ou scientifique, mais elle pourrait rapidement s’étendre à tous les secteurs de l’édition, les livres imprimés étant réservés aux ouvrages de référence ou artistiques, devenus objets de collection. Il suffirait que le lecteur dispose d’un nombre restreint de livres à papier électronique de formats variés pour couvrir tous ses besoins. Alors nous approcherions du zéro papier « idéal », d’autant que la question de l’accumulation de livres dans des bibliothèques privées surchargées au cœur de logements de plus en plus encombrés serait ainsi résolue. Resterait à régler la question des coûts de téléchargement et de protection des textes. Mais l’usage actuel de la télécopieuse ne relève-t-elle pas de la même problématique ? Et les leçons de l’édition musicale nous serviraient grandement à élaborer les protections désirables. La vraie question qui se posera alors avec acuité sera celle des grandes bibliothèques électroniques évoquée plus haut, bibliothèques devenues serveurs généralisés de téléchargement à tendance inévitablement monopolistique, qui disposeront des moyens de contrôler les politiques éditoriales au niveau international. Sachons déjà nous y préparer et réagir avant qu’il ne soit trop tard.
François Bouvier
fbouvier.fr
Si vous avez manqué le début :
— Édition numérique 1/4 : Le mythe du zéro papier
— Édition numérique 2/4 : Le téléchargement : une menace réelle pour l’édition ?
— Édition numérique 3/4 : L’Internet, la lecture et l’écriture
— Télécharger l’article en entier sur le blog de François Bouvier, pdf, 94 Ko, 6 pages
Posted: octobre 26th, 2007 under Cyber-économie, Internet, Savoirs, Société, Usages, Économie.













