Informatique et éducation : les enjeux d’une mise à jour
Des associations se mobilisent en France pour la prise en compte de la science informatique dans la culture générale du XXIe siècle et par conséquent son introduction dans l’enseignement général.
Depuis des années, l’EPI et le groupe ITIC de l’ASTI, associations spécialisées dans les questions d’éducation, alimentent un dossier très fourni sur cette question majeure. Elles viennent de publier un communiqué en réaction à la réforme du lycée annoncée par Luc Chatel.
Pour l’enseignement de l’informatique au lycée
et la formation des enseignants
Communiqué de l’EPI et du groupe ITIC-ASTI
(27-11-2009)
Un enseignement de spécialité « Informatique et sciences du numérique » est créé pour la Terminale S dans le cadre de la réforme du lycée. Il sera proposé en option en 2012 avec les mathématiques, les sciences physiques et les sciences de la vie et de la Terre.
L’EPI et le groupe ITIC de l’ASTI se félicitent de cette première avancée. Ces deux organisations, ainsi que d’autres acteurs, n’ont pas ménagé leurs efforts en faveur d’un enseignement de l’informatique au lycée.
Un tel enseignement, qui doit se généraliser, correspond aux besoins du pays et de son économie. Rappelons que l’informatique représente 30 % de la R&D au plan mondial (mais 17 % seulement en Europe), que les TIC vont constituer 50 % de l’augmentation de la croissance dans un futur proche, qu’elles constituent un gisement d’emplois considérable, que l’informatique est l’une des trois grandes familles de la science moderne.
Le rapport Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation (SNRI), remis le 23 juillet 2009 à Valérie Pécresse, pour ce qui concerne l’enseignement de l’informatique, fait le constat que :
« Dans les filières non spécialisées des écoles, l’enseignement de l’informatique est généralement réduit. De façon plus générale, le système éducatif n’a pas donné une place suffisante à ces disciplines en regard des enjeux futurs, industriels et d’innovation pour l’ensemble de l’économie nationale, et de participation à la vie sociale et politique de la part des citoyens. Absentes aux niveaux primaire et secondaire, elles sont inexistantes ou trop limitées dans les classes préparatoires aux grandes écoles. La majorité des ingénieurs et chercheurs non informaticiens n’acquièrent pendant leur cursus qu’un bagage limité au regard de ce que l’on observe dans les autres disciplines. Pourtant, ils utiliseront ou pourront avoir à décider de l’utilisation d’outils informatiques sophistiqués. Il est à craindre qu’ils ne le feront pas avec un rendement optimal ou que, en position de responsabilité, ils sous-estimeront l’importance du secteur. »
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La Société française de l’Internet a emboîté le pas avec le communiqué suivant :
Réforme du lycée :
éducation et discipline informatique
Pour la reconnaissance des sciences du numérique
dans la culture générale du XXIe siècle
Communiqué de la Société française de l’Internet,
28 novembre 2009
Le 19 novembre 2009 restera la date d’une heureuse coïncidence pour la France. Gérard Berry inaugurait la chaire « Informatique et sciences numériques » au Collège de France. Le même jour, Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, annonçait, dans sa réforme du lycée, l’introduction d’une option « Informatique et sciences du numérique » en classe terminale scientifique pour 2012.
La Société française de l’Internet approuve cette avancée symbolique majeure dans l’enseignement national.
Depuis plus de dix ans, des associations spécialisées, telles que l’EPI et le groupe ITIC de l’ASTI, ont attiré notre attention sur le fossé qui se creusait en France entre d’un côté les savoirs fondamentaux qui constituent la culture générale contemporaine et de l’autre les standards éducatifs véhiculés par notre école.
Dans plusieurs pays, les bases de l’informatique en tant que discipline ont été intégrées dans l’enseignement général. Des expériences pédagogiques démontrent qu’une bonne partie de cet enseignement peut être dispensé de façon précoce et ludique, sans ordinateur.
La civilisation numérique qui se dessine sous nos yeux doit offrir ces savoirs fondamentaux à tous les citoyens, dès le plus jeune âge, celui des consoles de jeux que manipulent déjà nos enfants.
L’enjeu est d’éviter que ne continue de se creuser un fossé cognitif entre population malléable et individus conscients des mécanismes sous-jacents.
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Former les cityens de demain
Lettre de l’April à M. Jean-Michel Fourgous
2 décembre 2009
[...]cet enseignement aborderait progressivement les questions de la représentation des données (quel choix de formats de fichier en fonction de quel usage) et des différentes couches logicielles (système, interfaces, logiciels applicatifs et les rapports qu’ils entretiennent) ; puis, sans doute dans un second temps, des principes généraux de l’algorithmique (seuls à même de permettre la compréhension de la notion centrale de processus), des réseaux (là encore quel protocole et pour quel usage, avec quelle sécurité), de leurs usages (techniques et usages des outils collaboratifs) tant dans la sphère privée que professionnelle… [...]
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Posted: novembre 30th, 2009 under Développement, Mutations, Savoirs, Société, Économie, Éducation du futur.













